Archive for August, 2005

En Escale

Wednesday, August 24th, 2005

Si je survis au clavier ñqwerty, peut-être pourrais-je vous envoyer a tous une carte postale virtuelle de Gibraltar.
Je compte sur le Service Technique, pour vous allecher avec quelques photos et Log Book de ces preñiers jours de mer…
Demain, nous commencerons la traversée de l’Atlantique, et c’est depuis la mer des Caraibes que je reprendrai contact [...]

Le 18 août 2005, Marseille: Jour 1

Thursday, August 18th, 2005

Je me suis endormi à peu près en paix. De la masse de papelards à faire et non-faits avant de partir, j’ai pu délégué la plus grosse part. Mes espoirs que cela soit réglé au retour sont faibles, mais au moins, je m’en soucie plus. Cependant, une veille de départ, ça ne m’a pas empêché d’avoir le sommeil léger.

La nuit, je dors.

Wednesday, August 17th, 2005

Enfin, c’est ce que vous pensiez et qui pour moi ne faisait aucun doute. Et
puis, à force de pas dormir seul, disons de dormir pas-seul (juste
pour faciliter la compréhension), j’ai fini par en savoir plus que jamais sur
mes nuits.

Le sommeil occupe dans ma vie une place de premier choix. Jusqu’à mon Bac,
j’offrais à mon lit une parité honnête qui si elle était entamée par une
soirée sympathique où un inédit du Grand Cabaret, était rattrapé dès le
lendemain par un couchage après goûter. Oui, c’est à la limite du scandale.
A cette époque je ne trouvais pas le sommeil facilement, mais je ne
connaissais pas vraiment le manque.

Arrivé en Prépa, j’ai su que si je devais craquer quelque part, ce serait au
levé. Devoir réduire mon temps de sommeil de façon significative, et en plus
pour bosser, me semblait un péché mortel. Je trouvais comme compromis de me
pieuter à 11 heure, alors que, sur leur bureaux respectifs, mes
coreligionnaires trimaient sérieux. Effectivement, ce rythme me mit dans un
état de manque permanent dont je ne suis toujours pas revenu… mais de la
prépa, si.

C’est aussi à cette époque que pour la première fois depuis mes 13 ans, je
partageais à nouveau ma chambre. Je savais déjà une carrière dans le
renseignement impossible: je parle en dormant. Depuis toujours.

Mais là, ce n’était plus mon petit frère ou d’infortunés randonneurs
partageant la chambré d’un gîte de montagne qui serait ainsi témoin des
digressions intimes de mon Moi même-pas-filtré-que-Freud-en-a-la-gaule, mais
un collègue de classe qui, sans méchanceté en ferait le sujet de rigolade
de tous le “Carré”. Heureusement pendant les mois que nous passions à dormir
à quelques mètres, il ne comprit (ou du moins ne répétât) qu’un passage
plutôt cocasse où je m’étais mis à roucouler en parlant de condensateurs…

Mon Mien aussi a depuis remarqué que je parlais en dormant. Mais il a allongé
la liste. Non, je ne ronfle pas, mais je grince des dents. Mon dentiste allait
me fournir de façon tout à fait opportune l’explication d’un tel phénomène
lors d’une discussion monologue dont il a sans doute l’habitude: une
grignoteuse à ultra-son entre les dents, je manque cruellement de répartie.
Il dissertait donc, seul, sur l’intérêt de bien ancrer les résines de mes
molaires et que ça mâche, et que quand on mord, et que… y’a des gens qui
évacue le stress la nuit en grinçant des dents…

Alors donc, la nuit, j’évacue. Tu m’étonnes que je me réveille comme une
fleur: moi, la nuit, je fais table rase!

Pis y’a les nuits agitées. J’ai, tout compris, le souvenir de trois cauchemars
qui m’ont cueillis tout en sueur dans un lit pas toujours habituel. Ca inclut
celui où l’on chute indéfiniment dans une cage d’escalier et celui où l’on a
pas pris de LSD, mais, si on testait, ça doit pas être bien différent. Et
aujourd’hui, ça inclut aussi celui où on ouvre un oeil avec la main de son
Sien sur le coeur, qui bât très fort, puis se rendort.

Tu as encore été agité, cette nuit…

This is Triton Corsaire, out.

Bédéeuh

Tuesday, August 16th, 2005

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Parce que Samedi j’étais d’anniversaire chez S, pour sa régulière, je suis allez faire un tour à la FNAC. C’est dangereux une FNAC. Pour un homme comme moi, c’est même très dangereux.

C’est le genre d’endroit où on rentre tout vaillant et d’où on ressort avec un tonneau autour de la taille comme dans les Lucky Luke. Mais aussi, content, avec pleins de bouquins sous le bras. Mais là, c’était pour faire un cadeau. Enfin, des cadeaux.

Oui, parce que bon, on feuillette, on cherche. Pour elle, on réfléchit: les Classiques? trop classique, la littérature? trop incertain, la pure BD? trop léger… Pis on finit par trouver un beau compromis: Cité de Verre, un roman de Paul Auster repris en BD. Parfait pour occuper les longues soirées pendant que son Sien vogue vers la Chine. Et d’un…

Ce serait trop facile de s’arrêter là. Sûr qu’à traîner dans les rayons sans lunettes opaques je suis aussi tombé sur le coffret de Maus… pour mon Mien. Un indispensable pour faire sa culture BDiste! Bon et puis attiré par les autocollants ventant les nombreux Prix dont il fut le lauréat, me suis retrouvé avec Blanquets de Craig Thompson entre les mains. Et me voilà obligé de me faire un cadeau à moi aussi.

Résumons: Cité de Verre, l’ai pas lu, j’attendrai la critique pour vous transmettre. Le dessin semble bien sympa, et je pense qu’on peut faire confiance à Auster pour le scénario. Maus, incontournable. Juste, merveilleux, touchant, enfin, si vous ne l’avez pas encore, allez enrichir Art Spiegelman (l’auteur) avant que je ne vous honnisse! Blankets, tendrement sous-titré “Manteau de Neige”, c’est exactement ce qu’il me fallait. 600 pages de BD, que mon Mien a dévoré pendant que j’allais en Avignon pour le fameux anniversaire et de ne pas tarir d’éloges à mon retour. Résultat, je le gardais pour le bord, maintenant j’espère juste qu’il en restera un peu. Le dessin est juste comme j’aime, l’histoire est belle et pleine de flocons tous froids… A lire aussi.

Voilà pour la chronique “Claquez vos Thunes dans la Joie” Bédé (et pour le coup c’est on ne peut plus vrai!).

Pendant ce temps là, frénétiquement, je tente de sauvegarder un maximum de pages de sites de dessins… petits souvenirs qui me suivront à bord.

This is Triton Corsaire, out.

Rions un peu en attendant le bord.

Tuesday, August 16th, 2005

Dernier WE à terre. L’occasion de profiter une dernière fois des amis, de régler les deniers détails… J’en ai moyennement tenu ma promesse de repos.

J’avais décidé de fuir la civilisation avec mon Mien à Cassis. Base arrière pour un Road-Trip dans les terres: direction la montagne Ste Victoire puisque, décidément, vent et sécheresse nous interdiraient l’accès à la Route des Crête.

A vouloir traîner en pleine chaleur, mon Mien avait un peu la tête en compote le lendemain. Sûr que j’étais pas en avance au point de rendez-vous… Mais le coup de partir en avance, me téléphoner en route parce qu’il s’est perdu puis faire le cheval mort en m’attendant… alors que pendant ce temps là je bataille avec S sur un démarreur et un pneu que décidément il est crevé…

Donc, pour le Lundi-au-soleil-mais-pas-trop, c’est moi qui conduit. Le vent nous déconseille les plages cassidaines où l’eau qui monte descend à 17 (cherchez pas, c’est un truc de courants marins, faut connaître des gens à l’IFREMER, ils expliquent ça super bien!). Le Road-Trip de base comprend ou pas: une carte (pas), un but (pas), une petite idée de là où on est (pas non plus) et enfin un minimum de matériel et/ou infrastructure (même pas le plein d’essence ou une bouteille d’eau). Dans notre cas, ce fut donc une source continuelle de surprises.

Comme les Fêtes du Village en ce 15 août qui sent la merguez, des maisons où le Pastis y’a bon (cf photos… moi, sans le Pastis, je justifie pas), et des villages où qu’on cherche la fête pasqu’on a faim, mais évidemment, y’en a pas!

Et pis fatigués mais contents (c’est la phrase consacrée) on rentre au frais de la pinède et de la Princesse, comme ça c’est bien plus pratique!
Décousu ce post? bah…

This is Triton Corsaire, out.

aLive From Mars

Wednesday, August 10th, 2005

De retour sur Mars, dernière escale avant le grand départ. Là, c’est sûr, c’est repos. Sisi.

J’en profite pour remettre un pied dans le monde réel et un autre sur internet. Ce qui me laisse en équilibre instable, mais permet d’uriner dans le néant inter-temporal des gens qui nous dirigent et ceux qui en transmettent les décisions à intervalle de 15 minutes sur France Info.

Je suis heureux de voir redécoller les Canadairs. Surtout qu’il va falloir me donner une bonne raison pour les avoir gardé -eux- au sol et pas toute la flotte d’A340 d’Air France. Ou bien tous les Canadairs européens. Mais j’ai du louper un épisode. Ou je suis trop bête pour comprendre les décisions éclairées du Super Ministre (ou y’a un dévisseur de boulons qui sévit à Marignane et on nous le cache? Naa, pas ça non plus…). Enfin, un peu déçu quand même qu’on ait pour la peine laisser cramer un de mes joli lieu de villégiature.

Vous vous disiez bien aussi que ça avait l’air de me tenir à coeur. D’habitude, la bêtise humaine, ça m’atteint plus…

Pendant ce temps là, en Corse, on oublie de regarder les récifs. Ce qui, incidemment, force les préfets à se ridiculiser en “[mettant] en demeure l’armateur de faire cesser toute menace sur l’environnement” (source: Yahoo/TF1/Voila/Whatever, ils ont tous pompé la même dépêche AFP), mais bien sûr… Mais y’a pire: au Nouvel Obs, on essaie de faire du vrai journalisme (pour ce prix là, valait mieux pomper)…

Vous pensez vraiment que je suis de mauvais poil? Même pas vrai, j’ai passé mon aprèm’ avec mon Mien, on s’est promené en Suède. De retour à la maison, on a calé Makdrund à la salle de bain. Puis, moi lui tenant les pieds, mon Mien a fait sa fête à Ingvar qu’on à ensuite placé entre la cuisinière et le congélateur. Il à l’oeil mon Mien, on a enfin une cuisine pratique grâce à M. Ikea.

On a ensuite mangé mexicain dans nos nouvelles assiettes, pasqu’une journée dans la famille ne vaut que si elle inclue 6000 km de voyages.

Ah, une autre note positive. Je pensais qu’une LiveBox et son bouquet TPS, ça valait pas son pesant de cahuètes. Je pensais qu’il y avait rien de pire que de zapper l’espace hertzien à la recherche d’un truc décent pour occuper sa soirée mis à part de zapper trente canaux merdiques à la recherche d’un truc décent pour occuper sa soirée. Rassurez-vous, c’est toujours ce que je pense.

Mais bon, ce soir par hasard, je suis tombé sur Victor Victoria avec Julie Andrews. Merveilleux petit instant de follitude dans le Paris des cabarets, ça méritait même que j’y scotche mon Mien… CinéCulte remonte dans mon estime.

Sur ce je vous laisse: depuis le poste du salon je le vois zapper à un rythme d’ennuyé symptomatique. Diantre: il s’arrête sur un appel à témoins genre: “ça va mal dans votre couple”… je crois qu’il essaye de communiquer. Méditez donc les accroches putrides invites des news de Yahoo: “toutes les photos”… miam…

Mais si, TF1 peut faire pire.

This is Triton Corsaire, out.

Gueule de bois (tendre)

Friday, August 5th, 2005

J’ai fais un lendemain de Paris Carnet. Ca à l’air de rien dit comme ça, mais il faut se le représenter avec seulement une heure trois quart de sommeil dans les jambes et aussi entre les deux oreilles.

C’est quand on en arrive à ce niveau de manque de sommeil qu’on fait l’expérience “physique” du corps en grève. Vous savez, quand la petite voix dans votre tête donne les ordres et tout, mais qu’en bas ça suit plus! Cinq minutes pour sortir du lit, encore cinq à regarder bêtement les bagages étalés sur le parquet avant de les fermer, et carrément dix pour fermer le robinet de la douche.

Et pendant ce temps là à la Gare de Lyon votre TGV se met en place.

Heureusement on avait prévu un peu de marge. A bord dans les temps, la gentille dame nous a donné une place au rez-de-quai: c’est mieux (normalement), y’a pas le passage continuel… besoin de dormir. Et voilà le gros lourd de la matinée qui est persuadé que comme il insulte pas sa fille (qui le méprise parce qu’il à l’air très con) en français, il peut le faire 25dB au dessus du seuil “empêchage de dodo de Triton”… envie de tuer revenir.

Heureusement que mon Mien avait préparé le petit déjeuner le plus accueillant du sud de la France… et zou quelques heures de dodo. Oui, je fais une fixation sur le sommeil. C’est pas une obsession, Môssieur: c’est un symptôme! Parce qu’un petit dîner entre amis et pis tout ça plus tard, me suis encore couché à pas d’heure hier. Et levé avant le coq (Mars, c’est plutôt urbain, on a qu’un coq) pour sauter dans un autre train, pour descendre au sud du sud.

Je suis un homme de l’extrême: toujours à sauter; plutôt dans des trains; toujours plus au sud. Dans tout ça, ai décidé, magnanime, de tester le confort oreillable de la prochaine valise que je m’offre: on ne peut plus compter sur la SNIF pour fournir un couchage décent. Et en cumulé, c’est bien sur des fauteuils de train que j’ai du dormir le plus d’heures ces derniers jours.

This is Triton Corsaire, out.

Il est 5 heure, Paris…

Wednesday, August 3rd, 2005

Minuit et demie, je fuis Paris Carnet comme un voleur: peur de louper le dernier métro. Soyons honnête, j’aurais sans doute pu rentrer à pied… mais la flemme.

L’heure aidant je deviens dangereusement moins multitâche, à peine les fesses posées sur un strapontin, je me mets à penser à ce que je veux poster ce soir, puisque je veux; poster. Et de regarder rêveusement défiler les stations, c’est con, surtout qu’il en faut bien trois quatre avant de réaliser qu’on a laissé la bonne.

Vers Saint-quelquechose pour engager le demi-tour. Station vide, c’est pas une ligne à noctambule, rame vide, ça sent la fin du monde. Me dépose à Odéon. C’était bien le dernier métro: chanceux. La station appartient aux souris qui bectent les vieux chewing-gums et aux gars des voies qui le cul sur une mallette à outils mangent une barre chocolaté ou font vibrer entre leurs dents des baguettes métalliques évoquant un vibraphone à une seule note. Lyrique, isn’t it?

Passe le Procop qui se fait balayer sur fond d’une musique techno qui cadre à peine avec le tablier des serveuses. Les terrasse rigolent juste assez pour apprécier de dormir sur cours (dormir?). Quelques digicodes et volée de marche plus loin, face au coquillage, tic-tac d’horloge, l’appart’ m’appartient… et à la souris (souris? sûr, j’ai vu un mouvement poilu s’engouffrer dans la cheminée… remet encore en question l’idée de dormir). Et ce post?

Ben donc, un Paris Carnet. Si ça, ça ne mérite pas une note: où va le monde? J’ai encore vu pleins de gens bien, voir mieux (gardons les superlatifs en réserve, on est jamais trop prudent), c’est pour dire.

Ce qui m’amuse lorsqu’on fait connaissance avec des gens nouveaux (d’où l’intérêt de faire connaissance…), c’est les questions que l’on peut vous poser et pour lesquelles on a pas de réponse toute faite. Parce que c’est la première fois qu’on vous les pose, que vous vous les posez.

En général, j’en tire quelques indices sur mon comment-je-suis-dedans.

Genre -remarque de Laurent- sur le coté très campagne militaire de mon CO… Après réflexion: c’est bien le seul moyen que j’avais / j’ai à dispo pour faire face à quelque chose qui me semblait aussi émotionnellement violent que cette expérience. Bien qu’un peu brouillon dans mon cerveau le matin, j’ai un petit avantage (?), c’est d’être capable d’élaborer mes stratégies et surtout de m’y tenir. Pour le boulot, pour les RP, etc. En général, c’est efficace. Et dans ce cas précis, c’est ce dont j’avais besoin: de l’efficacité. Pas le courage que ça parte en cahuète. Et surtout une fois lancé, c’est un comme quand on est au bord du grand plongeoir à la piscine, faut plus penser/avoir à penser…

Autre truc amusant, je me suis demandé pourquoi ça me faisait encore bizarre d’avoir l’impression de plaire ( :P maiheu, je parle même pas forcément de ce soir: ça s’applique même aux félicitations/compliments en tous genres). Je parle pas de gêne, suis quand même pas jeté à ce point, mais bizarre, hmmm. Après réflexion: ça doit être comme les minauds qui disent bèèèh quand ils voient deux grands se bécoter, ils savent pas ce qu’ils manquent (enfin, ça viendra). Conclusion: décidément j’ai pas du fréquenter les bons endroits. Mériterais d’être mieux habituer, à travailler, sinon risque de passer pour un faux-modeste ou cul-pincé.

Enfin, va falloir lancer le petit dernier en ligne. Quoique: si la fratrie entière envahit la sphère, c’est la fin de haricots. Pour ceux qui lorgnent, oui le dernier est majeur, oui il sculpte un corps de rêve en ayant plus d’activité physique en deux soirs que moi en… (n’entrons pas sur ce terrain), mais oui aussi il semble le mieux engager pour éviter l’extinction complète mais néanmoins inintéressante du patronyme d’occasion dont nous sommes affublés. A bon entendeur (deuse)…

Me suis fait désiré au carnet, suis parti tôt, suis de retour au camp de base, il s’agirait pas de pas faire les valises maintenant. Avant le chant du Taximan Parisien, je dois me traîner au pied du TGV, rejoindre ma belle province, celle où les sardines chantent dans la pinède par soir de grand Mistral: ça vaut le détour.

Dans les vapes à moitié, reste le temps de saluer en vrac et pour cette bonne soirée: les corses et les modains, leurs amants qui n’en sont pas, les logeuses et les marins, les otakus et les polyglottes, tout le beau monde de la capitale, moi et Dieu (ou l’inverse), enfin tout ça.

Ca ce sent que c’est l’heure du dodo?

This is Triton Corsaire, out.

Ah le vieux…

Tuesday, August 2nd, 2005

Remarquez, moi, les vieux, j’ai rien contre. Tenez, pas plus tard que ce midi, je déjeunais encore avec une nonagénaire fort sympathique. Et puis, il y en a des très ouvert et tout…

Enfin, sans rire je fais ma cure émeraude ces jours-ci. J’ai des grand-parents pas mal variés et en tout cas une brochette de caractères en acier trempé. Puis on se voit pas souvent, quand on à l’occasion d’une discussion, vaut mieux éviter de laisser passer.

Pour le sport, j’ai décidé d’attaquer la branche ultra. Ultra-conservatrice. Profitant d’un ballade digestive au Luco avec la g-m samedi, me suis dit que c’était le moment de tester le terrain sur le fond. Avec ses récents petits ennuis de santé, j’ai arrêtez d’envisager la méthode bourinne pour leur raconter à quoi j’occupe mes week-ends… C’est pas tout ça mais si je lui fais claquer un anévrisme sous les fenêtres des parlementaires incontinents, on aurait tôt fait de me coller sur le dos la moitié des malheurs de l’ascendance.

Dans ce cas précis, il a quand même fallut que je me bride un peu. J’ai eu beau tenter de la convaincre, rien à faire: être PD, c’est pas normal, pas naturel, pas acceptable, ça doit se soigner… gnap gnap, et plouf. J’ai essayé de lui demander si elle avait pas été fichue de trouver un gay (ou une lesbienne) heureux dans sa vie. Nenni. Pour elle: homosexualité = condamnation à une vie de torture/malheur, elle m’a pas branché sur la colère Divine: elle me sait peu réceptif en la matière, mais c’était limite.

La connaissant, les gays qu’elle doit croiser et qui viennent chercher dans son entreprise para-religieuse conseil et soutien doivent débarquer en quatre morceaux et la quitter dans un état encore plus scandaleux, mais bon… Je me disais quand même qu’en plus de sept décennies à traîner ses sandales des frères de la Trappe de Mont-Joie sur pas mal de continents, elle avait vu des choses et tout… las, on doit pas fréquenter les même clubs ou alors j’entretiens encore trop d’illusions sur son compte.

J’ai failli conclure en lui disant que moi, j’étais très content comme j’étais. Et puis aussi commencer par lui dire que j’avais un Mien, quelque part dans le sud. Puis je me suis un peu dégonflé, fallait partir, vite-vite, pas être à la bourre pour le prochain niveau (heureusement j’en ai vu plein, des gens biens et heureux au pique-nique, miam… euh, je me calme, vais me faire repérer).

Et dire que je lui pardonne, encore un peu. Le plus drôle, c’est que je connais son fonctionnement sur le bout des doigts. Je l’imagine très bien le soir même, débrieffant avec mon g-p, lui racontant que décidément je parlais bizarre. Et que je me mettais à défendre, des gens et des idées qu’on inviterait pas à la dinde-party du réveillon, même à voix basse.

Effectivement, c’est là que ça devient drôle: le lendemain, je passe en coup de vent voir le g-p, qui, en moins de trois minutes de conversation sur l’art moderne et l’architecture contemporaine commencent à embrayer en douceur sur “ce qui se réfère pas à des choses naturelles, c’est pas bien”… Ils sont mignons (et le naturel, merci, ils sont pas écolos pour deux sous). Puis on les voit pas arriver avec leurs gros sabots. Dire qu’avant de partir au Luco, ils me demandaient d’ingérer dans la vie d’une cousine que j’ai croisé 2 jours sur les 8 dernières années parce qu’elle a plaqué sa prépa et s’enfuit en Allemagne ou en Italie… et que c’est certain, elle va s’y faire violer. Bah, au moins, elle, elle a juste attendu dix-huit ans pour aller apprendre la Vie.

On commence les leçons mercredi.

This is Triton Corsaire, out.

Escale Parisienne

Monday, August 1st, 2005

(…)