Archive for November, 2005

Si c’est pas de la branchitude, ca…

Wednesday, November 23rd, 2005

Bon premiere constatation, les danois doivent pas etre des gens tres
joyeux. Pas que je veuille etre medisant mais je suis incapable de trouver
le point d’exclamation sur leurs claviers.
En contre-partie, on trouve des ø et des æ et aussi le å…. ca c’est de
l’exotisme ou je m’y connais pas! (ben voila, fallait chercher au lieu
d’etre mauvaise [...]

Les vies…

Friday, November 18th, 2005

Pourquoi ma séparation s’est mal passée. Alors que je la voulais calme et sans heurts.
Il y a eu quelques imprévus qui je pense ont nuis à la sérénité de l’annonce:
-imprévu numéro 1: les parents de l’intéressé sont là. Inopiné. Rarissime, une première en fait je pense.
-imprévu numéro 2. La raison de leur présence s’explique sans doute par une certaine concordance au niveau des dates entre ma petite visite et l’anniversaire de l’intéressé. J’ai jamais été très fort en dates. Non, vraiment pas. en parlant d’anniversaires, je loupe encore une fois sur deux celui de mon père. Et je le connais depuis quelques temps, c’est pour dire. Y’a guère que deux dates que je retiens sans efforts: 1982, année de naissance de votre illustre serviteur (afin que vous puissiez suivre ma lente ascension et m’envoyer des cartes je vous fournirai des détails quant au jour précis). Et 1515, l’invention du Nutella. Ca nous mène pas loin tout ça.

Résultat, votre serviteur qui comptait réussir une séparation classe et sans drame est devenu malgré lui un monstre qui en matière de rompage est presque à égalité avec son pote qui casse après deux ans de relations, et une *hehem mode on faciale /hehem mode off sans demander, en annonçant qu’il a couché avec une autre fille le matin même. Bon. C’est pas vraiment le genre de classement dont je tire ma plus grande fierté. Maintenant, de fait, j’assume.

Pour les “à coté”, j’ai plutôt assuré. J’ai fais ça dans les règles de l’art et mis à part ces petits imprévus, je pense pas avoir déconné. Forcément j’ai répondu aux appels des copains de mon ex-mien qui me demande de faire quelque chose pour pas qu’il se tire une balle. La fragilité psychologique de l’intéressé ayant été un facteur dûment pris en compte dans notre dernier contact et la préparation de ces “retrouvailles” qu’il envisageait tout autrement; je lui ai reparlé, sur MSN. Il m’a inondé d’une amertume pleine de reproches. Je lui en veux pas. C’est facile pour personne, j’en mérite peut-être un peu. Je trouve juste dommage que ça puisse pas se passer simplement.

Ok, Triton tourne la page. Les jours à venir sont… à venir (diable, la prose est en hausse sur ce blog en ce moment, on atteint des sommets) grrrr. Ceux que je veux dire, c’est que je n’ai moi même pas vraiment idée de ce qui va se passer. Je compte bien prendre des vacances dès que je sais dans quelle mesure je suis libre. Je compte bien repartir en mer dès que je sais dans quelle mesure je suis pas viré (ben pourquoi ça? na, c’est un peu n’importe quoi, mais dans ce métier je vais finir par me méfier de tout, ça devient presque un défi de téléphoner à son Capitaine d’Armement pour savoir dans quel délais on rembarque…).

Des projets lointains, plus géographiquement que temporellement. Je vous raconte tout ça, mais d’ailleurs que depuis un train mouillé qui tarde pasque tout ça, le sud, tout ça, plus de courant, train éteint, tout ça où je fais le malin avec mon coquillage. Suis pressé de gagner un peu de la chaleur du foyer familial. Etonnant? non, j’aime toujours autant Perpignan et je crains d’y devenir fou dans quelques jours, sauf, si le plan omelette aux champignons hallucinogènes avec ce pote diablement sexy de J tourne bien (disons ce réalise, connaissant l’organisateur, gnak, oui môssieur).

This is Triton Corsaire, out.

Remontée des Iles

Friday, November 18th, 2005

Cette journée de mer aura vu défiler toutes sortes d’îles aux noms chargés d’or et de senteurs comme un galion des Indes; îles au vent, îles sous le vent: elles défilent dans l’air chaud alors que nous remontons vers Puerto Rico. Simples cailloux, messas, verdure, perchées sur l’horizon, elles distraient le regard de la mer monotone. Cela crée un paysage pour ma baignade dominicale. Je m’en imagine facilement le possesseur pour une retraite au bon goût de Boucanier… Las,toutes ont depuis longtemps, jusqu’au moindre rocher, fait l’affaire d’une des nation d’Europe qui s’en sera depuis plus ou moins débarrassé. Tant pis.

Nous sommes stoppés en face de San Juan, notre destination. Nous ne sommes attendus à quai que pour deux heures demain matin, il est dix-huit heure et le soleil a disparu. Dans ma bannette, j’attends le signal des Coast Guards, qui enverrons leur pilote, ce qui me lancera à la manoeuvre. J’écoute un peu de musique: Eagles. Je lis: Chateaubriand. Pour diluer, je prends Rimbaud, un peu de Bateau Ivre. Damned, ça fait classe!

Ma cabine est en état de siège, on se bat pour ne pas se laisser aller à quelque désespoir. Mon vrai nid est loin, et plus que la vrai durée, c’est l’absence d’échéance qui me déprime. Je pourrais rester à bord bien des mois, mais je ne sais toujours pas si je débarque pour la mi-novembre, la Noël… Alors je stocke. Produits variés à consonance chocolatée: Nutella, Oreo, boudoirs, tablettes et Lu, d’autres marques inconnues: le panel, que dis-je, la crème de la biscuiterie internationale.

Les frictions avec le Chef Mécanicien se font plus directe. Ca me gêne, il reste mon supérieur hiérarchique. Il faut vraiment passer des heures à me foutre sur la gueule avec une batte de baseball pour me rendre capable de profonde méchanceté. But this guy is getting the shit out of me. Pour le coup, j’en deviens mutin, et vu ses piètres qualités, il est plutôt une cible facile. Assez sur lui, de tous les gars du bord, c’est heureusement, bien le seul que je n’aime pas trop et à me mettre hors de moi.

Le contraste est trop flagrant avec ma tournée au pont. Lorsque je croise Sacha, mon matelot d’alors, il me lance un “comment ça va?”, je lui réponds par une moue un peu vague. Je lui demande alors “Kak dela?” auquel il répond dela al prokuror , c’est notre blague privée qu’on pourrait traduire audacieusement par:_comment vas-tu? _tu es de la police pour demander ça? Ce qui ne donne évidemment pas grand chose!

J’ai l’impression que lui aussi s’ennuie de notre petite équipe.

Enfin, j’ai quand même repris du poil de la bête. Je me suis fixé un programme d’étude en solo à la machine. Et puis demain, je ferai des crêpes: ça me changera les idées.

Les escales de Pointe à Pitre et Fort de France ont manqué de saveur. J’étais fatigué et au lieu d’aller profiter de la mer comme je me l’étais promis, j’ai passé mes journées à faire des petites courses et à rattraper le blog… pour votre plaisir. Pauvre de lui, ainsi délaissé, je doute qu’il ait reçu la moindre visite en ces deux derniers mois, j’espère seulement que les habitués en retrouveront le chemin. Il va falloir le sous-titrer Fluctuat nec Mergitur.

Dix-huit heures trente. Ca y est il fait nuit noire. Avant de dîner je sortirai encore sans doute pour profiter de l’air du large qui se charge de tant d’odeurs savoureuses et bruyantes, de mer, de vagues, de reefer, de graisse et de mon propre savon. Un fumet délicieux et étonnant qui fait le charme de la marine moderne sur lequel résonne avec tant d’aplomb le soleil des Caraïbes ou sa nuit moite, c’est selon.

Welcome ashore

Friday, November 11th, 2005

Héhé, devinez d’où je vous écris les jeunes!

Et vi je suis de retour sur Mars. Bon les dernières 24 heures ont été tellement chargées que je me sens à peine de reprendre tout de suite le rangement du blog. On est d’accord, la place est à l’abandon, enfin: gérée de loin et ça se sent. Mise en page calamiteuse, overdose de photos balancées à l’arrache et sans tri, posts méga-long à scinder… y’en à de boulot pour remettre à jour tout ça.

Pour les nouvelles de la vrai vie, je me suis extrait hier, à midi et demie, de ma vie marine. Je me suis aussi extrait hier à dix neuf heures de ma vie de couple (s’il fallait donner des raisons… disons que la séparation plus d’autre trucs… que bon, c’est mieux en stoppant, sans plus… pouf, pouf, tout le monde s’en fout!). Ce qui fait de moi un terrien sur mars pour quelques petites journées de ré-acclimatation.

Bon, demain je soumets une annonce dans un gratuit pour un mi-temps sentimental, je vais au festival de Bédé, j’arrête cette bière bizarre qui me saoule en une canette, je saute à Perpignan, je tente de ramener deux carton, quatre sacs et deux valises d’affaires et de breloques, bibelots, vanneries, cartes marines et documentations de la British Admiralty….

Ca nous laisse une dose conséquente de taf, et là, je vais me mettre aux croques-monsieur.

This is Triton Corsaire, all fast, finish with engines, out.