Paquetage

Je viens juste de réaliser avec effroi à quel point la date de mon départ se rapproche. Il va falloir envisager de passer de la phase de papillonnage ludique au repli volontaire, pour éviter la débâcle.

Suivant les conseils de mon médecin en plus, plein de bonne volonté, je continue à me clarifier le sang et je ne pourrai même pas fêter mes derniers jours dignement dans une débauche de chose qui sentent bon la débauche comme le Panaché et les chips au Bacon. Il faudra se contenter pour accueillir les copains qui traversent un vrai océan pour m’attraper avant le départ d’un grand verre de Banga bien frais en bord de mer.

On sent qu’on touche les limites de l’instant romantique, là. Damned. Pourquoi faut-il que le monde soit si compliqué? Qu’un petit verre de muscat et une cigarette soient en même temps vachement plus love qu’un Twix et un Coca et d’autre part vachement plus cancérigène? (quoique)

Remarquez, après un mois marqué par un régime alimentaire dont on connaît désormais les limites, je me rends compte que je suis vachement plus débile (cela à pour moi une connotation positive, ne vous y trompez pas) à jeun. En plus c’est économique.

Reste donc à décider de quel chemise j’emporte pour draguer dans les claques de Bangkok et quels pantalons pour sauver mes jambes des moustiques guinéens. Rassembler trois mois de déodorants, de brosses à dents, de dentifrices et de mousse à raser (vous savez, vous, combien de temps ça fait une bombe de mousse à raser, hein?). Pas qu’on puisse pas en trouver en route, mais je me casse le cul à utiliser ici des trucs pour avoir la peau douce et les joues roses, c’est pas pour finir par peler dès que j’embarque, déjà que l’eau elle gratte!

Blinder le nouveau de ma musique préférée et de la dernière ou la première saison de Queer As Folk, de toute manière on s’en fiche, j’en ai jamais vu… ce sera la surprise en route. Saupoudrez d’un zeste de films Austro-Ouzbecks et vous aurez mon kit de survie pour la saison.

Pas qu’on puisse pas en trouver en route aussi, des films, mais bon là encore c’est du film qui gratte. On appelle ça du film de Bosco. En général le héros du film, c’est Steven Seagal ou pire mais assimilé, ça réfléchit pas trop et une bonne dose de paires de seins. Quand j’étais élève, j’étais souvent de corvée de films. Je dis corvée pasqu’en comptant l’incompatibilité relative de mes goûts cinématographique et des attentes du bord, je rentrais souvent pour affronter un regard mi-désespéré mi-dégoûté de mes supérieurs. Plus fort que moi, j’arrivais pas à claquer cent euros par escale en nanars ridicules.

Ils avaient beau me répéter à chaque fois qu’il fallait du “thriller”, de l’action et des bombasse (voir même de l’action-action avec des bombasse), me faire comprendre qu’on avait encore besoin d’un 400ème téléfilm de M6 jamais sorti au cinéma, je partais en acquiesçant et je revenais invariablement avec des films regardables. Et encore, bien souvent j’ai transigé sachant que je n’alimentais pas mon ciné-club mais la réserve du bord. J’ai même un jour craqué sous la pression et acheté le lot de trois films débiles (là, c’est à connotation négative, rassurez-vous) à dix euros dans un supermarché, au retour j’ai vu leurs yeux briller (genre, ça fait trois ans qu’il joue à la poupée et là, enfin, il vient de se battre dans la cour de récré…chérie, on est sur la bonne voie!). Ils doivent encore en parler comme les perles de mes pérégrinations.

Définitivement, il vaut mieux prévoir sa réserve.

Bon, heure du couché.

This is Triton Corsaire, out.

One Response to “Paquetage”

  1. frsic Says:

    j’adore cette disgréssion sur les films à bord. C’est tellement proche de la réalité…

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